Le thé est la boisson populaire la plus consommée dans le monde après l’eau. Il est particulièrement apprécié pour ses nombreux bienfaits sur la santé et le bien-être. Il peut être pris quotidiennement, au travail ou à la maison, et parfois chaudement servi à ses convives dans le cadre d’une visite surprise. On en retrouve aujourd’hui plusieurs variétés sur le marché. Parmi elles figurent le thé noir, qui se distingue du thé vert sur de nombreux points. Nous vous proposons de découvrir dans cet article l’histoire du thé noir, sa culture, ses grades et d’autres informations essentielles à retenir concernant cette variété de thé.

Les origines du thé noir

L’histoire raconte que le thé noir serait apparu lors de l’importation du thé vert depuis la Chine vers l’Angleterre. En effet, à la fin du XVIIème siècle, au cours du long trajet maritime qui reliait ces deux pays, le thé vert contenu dans les cargaisons se serait oxydé sous l’effet de la chaleur. Ce qui a abouti à un thé de couleur noire, qui a donné son nom au thé noir que l’on connaît aujourd’hui.

Grand producteur mondial de thé, la Chine est alors à l’origine du thé noir. Néanmoins, certains pays comme l’Inde, le Kenya, le Vietnam, le Japon et même l’Afrique du Sud produisent également du thé noir qu’ils vendent actuellement sur le marché international. Notons qu’en Chine, le thé noir est connu sous l’appellation thé rouge alors que dans les pays occidentaux, le thé rouge correspond au rooibos, bien qu'il soit officiellement proscrit d'appeler cette plante sud-africaine sans théine "thé rouge".

Comment est-il obtenu ?

Le thé noir provient d’une plante dénommée Camellia Sinensis ou Camélia de Chine. Une fois chauffées, les feuilles sont oxydées avant d’être séchées. C’est ce processus d’oxydation qui confère au thé noir son goût exceptionnel et ses vertus thérapeutiques.

L’étape de l’oxydation est réalisée suivant divers procédés dont les plus utilisés sont la méthode orthodoxe et la méthode CTC.

La méthode orthodoxe

Il s’agit en premier lieu de sécher les feuilles pour éliminer la moitié de leur teneur en eau. Cette opération prend entre dix-huit et trente-deux heures. Généralement, les feuilles de thé sont flétries une journée entière sur des claies ventilées.

Elles sont ensuite roulées durant trente minutes avant d’être oxydées en lieu chaud et humide pour une durée minimale de deux à trois heures. Une étape relativement difficile car il faut trouver la température idéale pour ne pas brûler les feuilles au cours de l'oxydation. Une fois l'oxydation terminée, les feuilles passent au stade de dessiccation dans un milieu avoisinant les 90°C pour une déshydratation optimale. C’est là que le thé prend sa couleur caractéristique noire. Enfin, les feuilles sont triées avant d’être emballées pour la commercialisation. Il faut savoir que le moindre changement de température au cours de ces étapes de fabrication tend à modifier l’apparence et la saveur du thé.

La méthode CTC

Le nom de cette méthode provient de l’anglais “Crush, Tear and Curl”, traduit littéralement en français par broyage, déchiquetage et bouclage. Cette approche, tout comme la précédente, implique le flétrissement des feuilles de thé dans un premier temps. Ensuite, les feuilles traversent un énorme cylindre pourvu de lames métalliques chargé de les morceler en intégralité. Enfin, pour l’étape finale de roulage, les feuilles hachées basculent à l’intérieur d’un tonneau rotatif spécialisé que l’on appelle Ghoogi.

Les grades du thé noir

Des grades propres au thé noir ont été élaborés afin de donner aux consommateurs un aperçu de la qualité du thé noir choisi. La classification comprend trois catégories selon l’état des feuilles. On distingue ainsi les feuilles entières, brisées, broyées et réduites en poudre.

Thé noir : feuilles entières

Ce groupe inclut des feuilles :

  • larges et âgées destinées à l’élaboration des thés fumés chinois : le « souchong »
  • fines dépourvues de bourgeons : le « pekoe » ;
  • roulées en boules dotées d’un bourgeon : le « Flowery Pekoe (FP) »
  • jeunes aux bourgeons terminaux roulés : « Orange Pekoe (OP) »
  • aux bourgeons immatures dorés dits golden tips : le « Flowery Orange Pekoe (FOP) ». Notre thé Yunnan FOP du Comptoir Français du Thé en est un excellent exemple.

FOP est le grade le plus élevé, sauf pour le thé en Inde, où la quantité de bourgeons dorées détermine un grade plus ou moins élevé de FOP : G.F.O.P, T.G.F.O.P, F.T.G.F.O.P et S.T.G.F.O.P. Pour faire simple, plus il y a de lettres, plus le grade est élevé, et la qualité en tasse, meilleure ! Nous avons un thé noir d'Assam (Inde) de type T.G.F.O.P et il est effectivement excellent !

Thé noir : feuilles brisées

Cette catégorie regroupe des feuilles déjà abattues, classifiées suivant la même nomenclature que la précédente mais précédée de l’initiale B pour « Brisé » :

  • des feuilles de qualité moindre : BP Souchong ;
  • des feuilles sans bourgeons : BP (Broken Pekoe) ;
  • de la même nature que le classement des feuilles entières : le FBOP (Flowery BOP), le GBOP (Golden BOP), le GFBOP (Golden Flowery BOP) et le TGBOP (Tippy Golden BOP)

Les feuilles brisées offrent une tasse moins qualitative que le thé en feuilles entières.

Thé noir : feuilles broyées

Présentes dans la région de Fujian en Chine, ces feuilles ont été hachées avant d’être oxydées :

  • des feuilles broyées en petites miettes : Fannings (F) ;
  • des feuilles similaires au classement des feuilles entières : l’Orange Fannings (OF), le Pekoe Fannings (PF), le Golden Orange Fannings (GOF), le Flowery Orange Fannings (FOF) et le Broken Orange Pekoe Fannings (BOPF).

Les feuilles broyées sont un thé dont les grades sont inférieurs aux feuilles brisées et aux feuilles entières

Thé noir aux feuilles réduites en poudre

Cette dernière division est consacrée aux sachets de thé bas de gamme, destinés à la grande consommation : le dust (D), le Flowery Dust (FD), le Golden Dust (GD), l’Orange Churamani Dust (OCD) et l’Orange Pekoe Dust (OPD). Typiquement ce que l'on retrouve en supermarché sous le nom de grandes marques industrielles.

La différence entre le thé vert et le thé noir

Le thé noir se distingue du thé vert sur quelques aspects. En effet, alors que le thé vert se consomme durant douze mois, le thé noir peut être bu sur plusieurs années consécutives sans perdre son goût d’origine. De plus, le thé noir présente l’avantage d’être facile à conserver et à transporter.

Comment consommer le thé noir ?

Il existe de nombreux moyens de déguster le thé noir. En Chine par exemple, il est accompagné de chocolats, d’épices ou d’herbes rares lors du brassage. En Inde, le thé noir se boit avec du lait et du sucre. Selon les préférences de chacun, on peut y incorporer une poignée de gingembre, de citron ou de cannelle. Notre thé noir Soul of Sri Lanka rappelle un peu ce type de thé Chaï. Il peut également être infusé dans du lait.

Evitez néanmoins les fortes doses qui peuvent occasionner des troubles de l’estomac ou des taches sur les dents. Il est ainsi déconseillé de prendre du thé noir juste après le repas ou de dépasser la limite des quatre à cinq tasses par jour.

Côté infusion, le thé noir doit être infusé à 95°C, pendant 4 à 5 min. Le dosage est de 2 à 3 grammes de thé noir pour 15cl d'eau.